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Choisie par Marcus Youssef

Christine Quintana est dramaturge, comédienne et co-Producteur artistique de  Delinquent Theatre. En ces différentes capacités, elle a travaillé avec le Arts Club Theatre, Bard on the Beach, The Cultch, Neworld Theatre, Electric Company Theatre, Rumble Theatre, Boca Del Lupo, Zee Zee Theatre, Carousel Theatre for Young People, Caravan Farm Theatre, Ruby Slippers Theatre, Playwrights Theatre Centre, Pi Theatre, Nightswimming Theatre, et le Young People’s Theatre.

Cette saison, Christine est l’Artiste émergente en résidence de Urjo Kareda au théâtre Tarragon.  Sa pièce Selfie sera présentée pour la première fois en anglais à YPT en avril 2018.  Parmi les pièces de Christine, Selfie (une commandite du Théâtre la Seizième et de YPT, a remporté le Sydney Risk Prize for Outstanding Script by an Emerging Playwright); Stationary: A Recession-Era Musical (Prix  Jessie Richardson Theatre Award for Outstanding Musical, Small Theatre) projet pour lequel elle a aussi été productrice et interprète; et Never The Last (co-créé avec Molly MacKinnon) au rEvolver Theatre Festival, produit par Delinquent Theatre en association avec Electric Company Theatre, développé en 2016 à la Colonie de dramaturgie de Banff. Christine détient un BFA de l’université de Colombie Britannique en théâtre.

Discours d’acceptation

J’aimerais commencer par quelques remerciements –

Tout d’abord à ma famille et tout particulièrement à ma maman, qui m’a donné la vie. À, Jiv, la meilleure personne que j’aie jamais rencontré à un  congrès sur le théâtre.

À ma famille de théâtre – mes chers amis et collaborateurs – The Delinquents, the Matriarchy, et la merveilleuse communauté de Vancouver qui m’énergisent de leur générosité et de leur inspiration.

À Shawn MacDonald, qui a été le premier à me nommer dramaturge; Craig Holzchuh, qui, en tant que Directeur artistique du Théâtre la Seizième m’a donné ma première commandite en tant que dramaturge et m’a ouvert tant de portes; Jessie van Rijn, dont le soutien inconditionnel a donné lieu à tant d’aventures. Et, bien sûr, Marcus Youssef, dont je vais parler sous peu.

J’ai grandi sur le territoire non cédé des Salish du littoral, et plus spécifiquement, la région que l’on appelle Vancouver.  À mesure que  je voyage dans ce pays complexe, je commence à comprendre ce que les montagnes et la mer et le ciel m’ont donné. De tout mon cœur, je remercie les gardiens de cette terre, les nations Musqueam, Squamish, et Tsleil-Waututh et les nombreuses nations du nord-ouest du Pacifique pour leur parrainage.  Je vous suis reconnaissante.

Cet honneur me vient alors que je me trouvais au bord d’un précipice.

Depuis plusieurs mois, je suis hantée par la même question chaque fois que je m’assieds pour écrire.

Qu’est-ce qui est assez important?

Des fois, je me sens submergée.  Je me sens comme un récepteur de radio trop sensible pour entendre seulement une chose.  Et nous vivons dans le bruit.  Chaque fois que je m’assieds pour écrire, j’entends, en plus du grésillement de la radio, un million d’appels de détresse.  La justice bafouée.  Le plastique  dans les océans.  Les fusillades et les mensonges.

Et même si je pense que mon travail est ma vie, des fois, ça me semble impossiblement petit. Mon esprit, mon cœur  me semblent incroyablement petits. Ces jours-ci, il me semble que rien entre le bout de mes doigts et un clavier ne peut créer plus qu’un murmure.

Et, je reviens à ce monde et j’entends ce que Marcus a dit du théâtre.

La communion.

Mettons les choses au clair – Je suis une  millenniale et le cynisme est quasiment une fonction physique.  Alors la première fois que j’ai entendu Marcus prononcer ce mot, j’ai eu une réaction de teenager parce que c’était ohmygodsooooo hyperbolique et comme tellement intense, jeeeez.

Intense. On m’a dit que je suis intense – surtout dans le sens péjoratif – toute ma vie. Les gens semblent prendre plaisir à me dire que je vais changer, que je vais abandonner, que je vais voir les choses comme elles sont.   Et que beaucoup de mes premiers écrits avaient une couche protectrice de noirceur et de cynisme.

Parce que pour comprendre le théâtre – ce que nous faisons – en tant qu’acte de  communion, un acte qui restaure et transforme et relie – est presque trop beau à ressentir.

Travailler avec Marcus – en plus de donner lieu aux éternelles (du moins je le pense) et hilarantes blagues de Génération  X contre millenial– a exigé que je me hisse au niveau du défi.

Pour créer ce qu’il fait  – un travail à la fois drôle, surprenant, poignant, brouillon et révélateur– demande beaucoup à un artiste.  Approcher son travail le cœur ouvert, mis à nu.  Voir non seulement le bon côté du pire des mondes mais le tout dans sa complexité.

Croire que nous pouvons nous transformer  et nous restaurer par des actes de communion exige plus de courage que de cynisme.  Il faut du courage pour croire que ce qui se passe ici, autour de nous, est assez important.

Je sens maintenant naître en moi une sorte de détermination radicale  – Je travaille à un manifeste mais je suis trop timide pour le partager.  Alors, j’imagine que je ne suis pas encore si radicale que ça.  Mais voici ce que je peux vous dire pour le moment.

La détermination n’est pas de la naïveté.

La détermination est difficile à atteindre et à protéger.

Serais-je suffisamment déterminée pour croire que nous pouvons, par l’écriture, créer un monde peuplé de toutes sortes de gens que nous connaissons et aimons dans nos communautés, que nous pouvons renverser les systèmes de pouvoir qui nous forcent au silence et nous oppriment; qu’à travers le grésillement de la radio nous pouvons entendre le son de l’humanité et de l’espoir?

Ohmigod, c’est comme, presqu’assez pour me faire frémir.

Presque.

Merci, Marcus.  Merci à la famille Siminovitch pour me rappeler à quel point ce travail peut être important.

Merci à tous.

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