Ravi Jain

Ravi Jain

Lauréat, 2025
Finaliste, 2016, 2019, 2022

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Biographie

Ravi Jain est un artiste de théâtre salué pour ses propositions théâtrales accessibles, mais audacieuses politiquement et philosophiquement, qui ont transformé le théâtre canadien. Metteur en scène visionnaire et polyvalent, producteur avisé et acteur inventif, il a pendant toute sa carrière réimaginé le théâtre, désireux de mieux rejoindre le public et les artistes.

Au sein de Why Not Theatre, monsieur Jain a contribué à plus de 40 collaborations, présentées sur tous les continents. Le travail de Ravi est constamment diffusé au fil des ans, au Canada et à l’international, notamment dans les plus grands festivals. Sa récente adaptation du Mahabharata, présentée en première au festival Shaw, a effectué une tournée jusqu’au Barbican Theatre, à Londres, et au Lincoln Centre, à New York. Mahabharata, premiered at the Shaw Festival and toured to sell out the Barbican Theatre in London, and the Lincoln Centre in New York.

Ravi a reçu le prix Pauline-McGibbon pour le metteur en scène émergent, en 2012, celui du John-Hirsch de la mise en scène, du Conseil des arts du Canada en 2016, et un prix Johanna-Metcalf des arts de la scène, en 2022. Il est diplômé de l’École Jacque Lecoq, en France.

Dernière mise à jour : octobre 2025.

2025 Protégée

Miriam Fernandes

Discours d’acceptation

Je ne pensais vraiment pas me retrouver devant vous aujourd’hui et je me rends compte que je n'ai encore remercié personne dans mon discours. Alors, je vais improviser au fur et à mesure. Merci, merci pour cet honneur. Je tiens d’abord à reconnaître Adrian, Estelle, Anne-Marie. Partager le déjeuner avec vous aujourd'hui a été un vrai plaisir, mais votre œuvre, faire partie de cette cohorte revêt une grande importance pour moi. Vous êtes incroyables.

J'ai imaginé trois fois dans ma vie ce que ce serait de me tenir ici et de prononcer ce discours—mais je n'ai jamais eu à l'écrire, auparavant. Cela a été étonnamment difficile. Les trois dernières fois, je savais exactement ce que je voulais dire. Et en ce moment, je ne le sais pas. Je suis quelqu'un qui n'a jamais manqué de mots, mais je suis…perdu. Je veux dire, écoutez, j'ai 45 ans maintenant, j'ai deux enfants (je n’ai pas dormi depuis quatre ans) et je viens de terminer l'un des projets les plus ambitieux de ma vie. C’est peut-être la mi-vie ou mi-carrière dont les gens parlent.

En cherchant quoi dire, je n'arrêtais pas de penser à Elinore Siminovitch.

Elinore était dramaturge mais, malgré tous ses efforts, aucune de ses pièces n’a été produite. Sa voix n’a jamais résonné sur les scènes professionnelles au Canada. … En apprenant son parcours, j’avais ressenti une colère profonde. Elinore était une véritable artiste à qui l’on n’a pas laissé sa chance. Elle était une femme, elle était une féministe, et son genre et ses convictions n'étaient pas les bienvenus. Je me sentais révolté contre l'injustice de ce qu'elle avait vécu. C'est une colère qui brûle encore en moi, parce que ce qu'Elinore a vécu, c'est la même chose que j’ai vu mettre prématurément fin à la carrière de nombreux artistes- quand on n’accorde pas à leur voix une place, du soutien ou de la visibilité. C'est une rage avec laquelle je me bats depuis des décennies – et qui, à plusieurs reprises, a failli me consumer entièrement.

Bon, je sais que vous me regardez et vous vous dites : mais tu es tellement drôle, tellement chou… comment peux-tu être aussi en colère ? La colère était un feu, le carburant nécessaire pour que je fasse de la place à ma voix artistique - parce que dès mon premier jour ici au Canada, j'ai dû me battre pour me faire une place et démontrer ma valeur. En 2007, le paysage artistique canadien n'était pas si différent de celui qu’Elinore avait connu des décennies auparavant - il manquait d’imagination pour savoir quoi faire de moi.

Alors, je me suis dit « Ils verront bien » J'ai créé Why Not Theatre parce que je voulais mettre au défi toutes les préconceptions que les gens avaient sur qui j’étais, mon identité, le type de travail que je réaliserais, la manière dont je le ferais et jusqu'où je pourrais aller. Et je voulais la même chose pour toutes les Elinores de ma génération. Je voulais démontrer qu'il y avait une autre façon de faire cette chose que nous appelons le théâtre, et je voulais qu'on soit curieux quant à ce qu’il pourrait être; si nous modifions QUI raconte l'histoire, et COMMENT nous la racontons - nous débloquons alors en fait le super pouvoir du théâtre ; l'imagination.

Et la chose incroyable qui s'est produite quand j'ai commencé Why Not, c'est que je n'étais pas seul. Toute une communauté d'artistes venus des quatre les coins de la ville, du pays et du monde ressentait la même colère et la même injustice, et voulait changer le système. Nous voulions tous une « anti-institution » - pour que les choses soient meilleures ; un meilleur art, de meilleurs processus, un meilleur soutien, un meilleur monde. Nous réussissions, nous échouions, nous étions intrépides et nous avons tracé de nouvelles voies. Nous gagnions des batailles, mais pas la guerre. Poussé par la rage, je démolissais sans cesse les barrages systémiques qui ne cessaient de se présenter. J'étais une grenade ; qui explosait. À répétition.

Mahabharata était un mastodonte né de ce feu rageur. En quelque sorte, il a été conçu comme un geste de défi envers toutes ces mêmes personnes qui ont bloqué Elinore ; celles qui ont cru que cette histoire et ces acteurs n’étaient pas dignes d'un public. Et quelque chose de curieux s'est passé au cours des 10 années qu’ont duré la création et la tournée de ce projet … J’ai pris place dans des théâtres obscurs avec des publics au Canada, en Australie, en Angleterre et aux États-Unis … et j’ai écouté les spectateurs réunis, et le message transmis par mes ancêtres depuis des millénaires ! Cette histoire sur la guerre - et sur la colère, la cupidité et la vengeance… son message est « paix ».

Et du coup, je suis dérouté. Je m'assieds dans ma colère. Je médite sur la paix.

Depuis des millénaires, nous, les humains, avons choisi la colère plutôt que la paix.

Il se peut que cette colère ait servi de feu pour alimenter ma créativité pendant les deux dernières décennies, mais ses flammes sont indifférentes. C'est le même feu qui alimente le génocide, les ravages climatiques, les régimes autoritaires et toutes les choses qui déshumanisent ce monde - qui continuent de me mettre en rage. Ça me brise le cœur.

When I reflect on why we humans tell stories, I think about how we’re the only species that does that. It’s our imagination that separates us from animals. When I think of the role of the artist, I think about what it is to be human. To be humane. Peace is a uniquely human act. To choose peace is to reaffirm that we are human.

There always have and will be forces that profit from our division. Theatre, by its nature, gathers us. It asks us to consider another point of view, another experience, another way to be. We sit next to each other as neighbours. We need each other’s imaginations to create the world. And if we can imagine another world then we can create it.

Theatre remains necessary for our survival because it is, as some Indigenous communities say, a medicine… It heals. And that healing doesn’t only happen in those precious buildings Canada has invested so much money and infrastructure into. It is happening in small communities everywhere, people with little resources, far and wide, working so hard with so little to heal with stories, music, dance, painting, photography, poetry.

L’artiste guérit les brûlures, réensemence le sol, éteint les flammes.

L’artiste nettoie le désordre.

When you meet an artist – support them.

When you meet an artist – thank them.

Recevoir ce prix en cette année si spéciale pour le Prix Siminovitch a une signification toute particulière pour moi. D'autant plus que mon cher ami et mentor, Daniel Brooks, a été le premier lauréat de ce prix… Alors je ne sais pas, célébrer le 25e anniversaire de ce prix de cette façon me semble tout à fait approprié. De façon étrange, j’ai l’impression que cela me rapproche davantage de lui.

Je dépasse largement mon quota de 600 mots et je n'ai pas encore remercié personne. Je vous demande donc un peu de patience - désolé Aimée

Merci à Lou et Elinore, à toute l'équipe de la fondation, à mes extraordinaires et magnifiques co-artistes finalistes. Au jury. et à toutes celles et ceux qui ont soutenu ma candidature

Il m'a toujours semble que le « discours de remerciement » est un drôle d’exercice dans la mesure où je mentionne des personnes dont vous ignorez l'identité… vous ne connaissez pas leur importance à mes yeux - Je demande donc votre indulgence tandis que j'évoque celles et ceux qui m'ont permis d'en arriver à cet instant, et je vous invite à prendre un moment pour penser à toutes les personnes ayant joué un rôle dans votre propre parcours.

Je pense à mes professeurs et mes mentors, à ceux qui m’ont encouragé, offert des opportunités, accompagné dans les périodes les plus sombres et effrayantes et insufflé du courage. Ce prix leur revient.

Je pense également à tous mes supporters, co-consipirateus, et partisans. Ceux et celles qui ont dit « oui », qui ont cru en moi, qui m’ont regardé avec des yeux pleins de curiosité et des cœurs ouverts, plaçant toute leur foi et leur confiance entre mes mains. Ils ont dit : "OUI ! Allons-y ! Tu en es capable ! On s’en sortira…". Ce prix leur revient aussi.

Je pense à ceux et celles qui ont dit « non », aux obstacles que j’ai dû franchir, contourner ou surmonter. À la douleur, à la solitude et au regret des occasions manquées. Ce prix leur revient aussi.

Je veux évoquer ma famille. Ces personnes qui m’apportent soutien, joie et parfois stress, qui me donnent de leur temps et qui prennent du mien…celles qui sont toujours là et que je dois me rappeler de ne pas prendre pour acquis – ce prix leur revient également.

Je prolonge finalement la lignée jusqu'à mes ancêtres. Tous ces êtres que je n'ai jamais connus et ne connaîtrai jamais. C'est d'eux que j'ai hérité ce monde. Tous leurs choix m'ont conduit à cet instant précis. Et ce moment se présente comme une petite seconde entre eux et ces inconnus qui viendront après. Celles et ceux qui hériteront de mes choix – de nos choix.

L'histoire de cet instant devient alors le flambeau que nous remettrons à ceux qui suivront. Nous le ferons dans l'espoir que nous saurons façonner un avenir surpassant le moment que nous vivons aujourd'hui…

Que notre imagination soit un catalyseur de paix.

Paix au peuple de Palestine, qu'un jour tu sois libre.

Que la paix soit sur vous. Et que la paix sur nous.

Je vous remercie.

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Miriam Fernandes

Miriam Fernandes

Protégée, 2025

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Miriam Fernandes occupe le poste de codirectrice artistique au sein de la compagnie internationale torontoise Why Not Theatre. Forte de plus de dix ans d’expérience en tant que créatrice et interprète, elle oriente désormais sa carrière vers la réalisation. Parmi ses réalisations récentes figurent Mahabharata (Why Not Theatre/Shaw Festival/Barbican Centre) ainsi que What You Won’t Do for Love (mettant en vedette les Drs David Suzuki et Tara Cullis, Why Not Theatre). Elle signe également la mise-en-scène de Sangen fra Verdens Ende (The National Stage, Bergen, Norvège), The Courage to Right a Woman’s Wrongs (Stratford Festival Meighan Forum), Metamorphoses (CDTPS), Hayavadana (Soulpepper Theatre), et Nesen (MiniMidiMaxi Festival, Norvège). Miriam développe actuellement plusieurs projets, y compris une adaptation de The Vegetarian, roman de l’auteure nobélisée Han Kang. Elle est diplômée de l’École Jacques Lecoq (Paris) et s’est vu décerner le prix Dora Mavor Moore pour la meilleure performance individuelle et la meilleure nouvelle pièce avec Mahabharata, également primée en tant que meilleure production.

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Adrienne Wong

Adrienne Wong

Finalist / Jury, 2025

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Biographie

Autrice dramatique, metteuse en scène, performeuse et créatrice, le travail d’Adrienne Wong chevauche le théâtre et le numérique. Parmi ses nombreux projets figurent The Apology Generator (CBC Radio Q Residency), SadSongs.ca (Nightswimming Theatre), Landline (cocréation avec Dustin Harvey), Me On The Map (cocréation avec JD Derbyshire, nommée aux prix Jessie, Banff Playwrights Lab), Mixie and the Halfbreeds (co-écriture avec Julie Tamiko Manning) et plus récemment SmartSmart. Ses articles de fond ont paru dans diverses publications et revues. Elle enseigne fréquemment et contribue au secteur culturel comme membre du conseil d’administration de la Playwrights Guild of Canada, du comité directeur de Balancing Act et du comité consultatif des HowlRound Theatre Commons. Précédemment productrice artistique au Neworld Theatre, elle est maintenant directrice artistique du SpiderWebShow Performance et conservatrice au FOLDA-Festival of Live Digital Art. Adrienne détient un baccalauréat en arts de l’Université Simon Fraser et une maîtrise en écriture de l’université de Victoria.

Adrienne, à propos de sa sélection pour le prix Siminovitch 2025.

Je ne me suis pas lancée dans le théâtre pour courir vers une ligne d'arrivée ou pour remporter des médailles d'or. Je m'y suis lancée parce que le théâtre était un endroit où je pouvais vivre dans un espace éphémère entre le monde « réel » et le monde de mon imagination – qui n'en est pas moins réel pour moi. C'est en grandissant à Calgary que j'ai trouvé ma place au sein de la communauté des personnes qui se rassemblent autour du théâtre. Je suis toujours ici grâce à vous tous, mes collègues. Vous vous souciez autant que moi des problèmes délicieusement complexes liés à la création de quelque chose qui n'a jamais été fait auparavant. Les conversations que nous avons lorsque nous travaillons sont d'une intimité enivrante. Nous jouons dans un territoire où l'imaginaire et le réel se mélangent et prennent vie. Et puis nous donnons tout cela.

Je suis honorée de faire partie de la cohorte d'artistes de cette année. Anne-Marie, Ravi et Estelle : votre travail apporte de la joie, de la vérité, de grandes questions et du bonheur à tant de gens. Je suis inspirée par la façon dont chacun d'entre vous a ancré son travail dans les communautés que vous servez. Nous partageons la conviction que le théâtre n'est pas complet sans le public.

Ce soir, c'est vous qui écoutez mes paroles ; vous êtes le public. Je crois tellement en l'importance de votre présence que je crée des spectacles où je peux vous regarder chacun dans les yeux, où nous pouvons nous toucher – mais seulement si vous le souhaitez. Je pense à votre attention, à vos rires, à ce visage impénétrable que vous affichez lorsque vous écoutez et dont je ne sais dire si vous aimez ou détestez, j'attends avec impatience les conversations que nous aurons après le spectacle.

Merci à la Fondation de Théâtre Siminovitch au conseil d'administration, à Aimee, à l'équipe et au comité de sélection. Cette année en particulier, votre travail n'a pas consisté à comparer des pommes et des oranges, mais des pommes et des poulpes. Je suis profondément reconnaissant du changement de critères pour célébrer le 25e anniversaire du Prix Siminovitch. Il existe de nombreux artistes au Canada dont le travail se situe entre plusieurs disciplines, par nécessité et par curiosité. Le fait que notre communauté théâtrale canadienne apprécie les œuvres qui explorent les marges et remettent en question les conventions témoigne de notre capacité collective à évoluer et à accueillir la différence. Il est de plus en plus important de naviguer entre les différences – et tout le malaise qui peut en découler – à une époque marquée par les divisions, les partis pris et les dichotomies. En tant qu'artistes de théâtre, nous avons la capacité d'être présents dans des espaces complexes et pleins d'ambiguïté. En étant témoins de notre attention à la complexité, aux nuances et aux contradictions, notre public peut peut-être trouver des idées, de la compréhension et du réconfort.

À mes parents – vous trois – merci de m'avoir appris que l'étrange est une bonne chose. À mes sœurs, merci d'avoir été mes premières compagnes dans la création collective. À mes enfants, merci de m'avoir appris la présence. Merci à Nathan Medd d'avoir prétendu que j'étais plus intelligente que lui et de m'avoir convaincue que j'avais une chance de remporter ce prix. Merci à Dani Fecko et Kirsty Munro, qui m'ont encouragée lorsque je voulais abandonner. Et à tous ceux qui ont contribué à ma candidature : David Yee, Amiel Gladstone, Eric Coates, Kevin Kerr, Milton Lim, Lisa Ravensbergen et ma meilleure amie JD Derbyshire – qui, je le sais, m'encourage depuis les grands fauteuils en velours du ciel, en échangeant des anecdotes dans le hall avec Norman Armour et Kathleen Flaherty. Je pense régulièrement à vous trois et je m'efforce de mettre en pratique ce que vous m'avez appris : poser les questions difficiles, suivre les signes et avoir confiance dans le fait qu'ensemble, nous pouvons trouver la solution.

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L'œil de l'artiste

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Estelle Shook

Estelle Shook

Finaliste, 2025

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Biographie

Estelle Shook a voué toute sa carrière comme directrice de théâtre, programmatrice, organisatrice et animatrice communautaire à approfondir les liens entre les artistes, le public et le sol. Dans une société qui tend de plus en plus à nous éloigner de la nature et de nos communautés, les histoires et les créations d’Estelle témoignent de l’importance et de la vitalité de nos interconnexions. Son œuvre produit un effet viscéral et transformateur, tant sur les artistes que sur le public. Elle nous invite à aborder de front les changements sociaux et environnementaux nécessaires à la transformation de nos communautés.

Dernière mise à jour : octobre 2025.

Estelle, à propos de sa sélection pour le Prix Siminovitch 2025

Membres du jury. Président. Conseil d'administration. Fondateurs. À tous les membres de la Fondation de Théâtre Siminovitch : merci pour cet honneur.

Adrienne. Anne-Marie. Ravi. Votre engagement envers votre art est inspirant et stimulant. Je suis honorée d'avoir partagé ce parcours avec vous.

Le Prix Siminovitch est un cadeau encourageant – car qui parmi nous, dans le monde du théâtre, n'a jamais douté ou désespéré dans l'exercice de son art ? Mais cette reconnaissance nationale et l'occasion de partager ma pratique avec un public plus large ont profondément bouleversé ma perception des possibilités.

En tant qu'artiste, j'en suis profondément reconnaissante.

Mais plus encore, le Prix Siminovitch proclame au Canada que le théâtre est important. Et en tant que Canadienne, j'en suis extrêmement reconnaissante. Je veux vivre dans un pays qui valorise le théâtre, car cela signifie que nous valorisons l'acte de création collaborative. Le fait de voir ensemble. Le fait d'être en communauté.

Le jury reconnaît en moi tous ceux qui créent du théâtre en périphérie, en marge, dans des espaces qui dépassent les normes théâtrales traditionnelles. J'ai consacré une grande partie de ma carrière à créer du théâtre en plein air, spécifique à un site, dans une ferme de l'Okanagan, pour un public local, national et international.

Et s'il y a une chose que j'ai apprise au cours de mes années de pratique dans les domaines littéraux, c'est bien celle-ci : la magie que nous recherchons, l'enchantement que nous désirons se trouvent dans la communauté. Mais seulement si nous reconnaissons que notre communauté ne se limite pas à nos pairs, mais comprend également les personnes avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord. Que notre communauté ne se limite pas à nos semblables, mais comprend également l'acte créatif brillant et en constante évolution qu'est le monde naturel.

Je crois que l'avenir de notre art consiste à tisser davantage de liens dans notre pratique théâtrale, à créer une plus grande résistance dans le tissu social afin de pouvoir résister aux vents violents et à la grêle battante de cette grande tempête transformationnelle.

Nous devons être audacieux.

Nous devons sortir notre théâtre dans la rue. Nous devons aller à la rencontre de nos communautés là où elles se trouvent. Nous devons puiser dans les histoires les plus anciennes et les plus profondes, où se cachent les vérités éternelles, et les réinventer pour notre époque. Notre théâtre peut être le fil à suivre, la lampe qui éclaire le chemin, le cheval qui nous ramène chez nous. En tant qu'artistes de théâtre, nous sommes les mieux équipés pour accomplir cette tâche, car notre art est le creuset de tous les arts. Le creuset de l'expression artistique et de l'expérience incarnée. Tout le monde ne peint pas ou n'écrit pas, mais tout le monde agit.

Et il est temps d'agir.

Je suis ici aujourd'hui parce qu'un groupe d'artistes de théâtre a osé quitter la ville, voyageant de ville en ville à cheval et en charrette avec des idées qui remettaient en question le statu quo conservateur. J'étais un enfant de six ans amoureux de la nature et de l'art, debout dans un champ au bord de la route à Westwold, lorsque la Caravan Stage Company est passée. Ma mère, mes frères et sœurs et moi venions d'arriver à la ferme de ma tante, notre Chevrolet Malibu remplie de nos affaires. Nous étions pauvres, pauvres au point que ma mère touchait des allocations pour ses trois enfants. Jusqu'alors, ma vie s'était déroulée dans les limites étroites de notre statut socio-économique.

Et en regardant passer ces roulottes et ces chevaux Clydesdale comme un fabuleux mirage, j'ai soudain compris que le monde était plein de mystères et de possibilités. Cette vision m'a soutenu tout au long de ma vie, et je serai éternellement reconnaissant pour le cadeau que ces artistes m'ont fait ce jour-là. Et je poursuivrai cette vision, à la recherche d'un théâtre qui ne vise rien de moins qu'une rencontre avec le mystère au cœur de l'existence et du divertissement, et une pratique communautaire vivante, expressive et accessible à tous.

À ma fille Violeta, à mon partenaire Ivan et à tous les artistes qui m'ont façonné et continuent de le faire, je partage cet honneur avec vous.

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L'œil de l'artiste

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Anne-Marie Olivier

Anne-Marie Olivier

Finaliste, 2025

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Biographie

Anne-Marie Olivier, figure marquante du théâtre québécois, est reconnue comme autrice et interprète. Son parcours débute en 2004 avec Gros et Détail, qui lui vaut le prix d'interprétation Paul Hébert et le Masque du public Loto-Québec.

Sa carrière d'interprète l'amène à collaborer avec Wajdi Mouawad à l'international pour les productions Forêts, Les Trois sœurs et Temps. Avec sa compagnie Bienvenue aux dames!, elle crée plusieurs œuvres dont Gros et Détail, Annette, Scalpée, Faire l'amour, et Venir au monde, qui remporte le Prix du Gouverneur général en 2018. Récemment, Maurice et 15 façons de te retrouver confirment son talent exceptionnel.

Son travail se distingue par la cueillette d'histoires vraies et la quête de sens. De 2012 à 2022, elle assure la codirection générale et artistique du Théâtre du Trident. Aujourd'hui, elle se consacre pleinement à la création et enseigne au Conservatoire d'Art dramatique de Québec.

Dernière mise à jour : octobre 2025.

Anne-Marie, à propos de sa sélection comme finaliste pour le Prix Siminovitch 2025

Je suis si honorée d'être finaliste pour ce prix.

Merci infinimentaux douze fondateurices qui avez créé ce prix, À vous qui oeuvrez à la Fondation Théâtre Siminovitch, Aux membres du jury
Mettre en lumière les artistes de théâtre de cette façon demeure une action bouleversante
Vous nous dites en maintenant cette initiative, qu’être un.e artiste est fondamental, essentiel.

Ravi, Estelle, Adrienne, vos pratiques sont inspirantes, je me sens chanceuse de briller avec vous

notre époque a besoin d'offrir des expériences où l'on crée du lien des expériences sacrées, des communions où on rit et réfléchit ensemble des rassemblements où l'on peut déposer nos questions sans réponses où l'on expose le meilleur et le pire de l'être humain du théâtre électrisant qui nous galvanise, qui nous transforme

Faire du théâtre comme on prépare un repas pour des gens qu'on aime Offrir des baumes pour le coeur et la tête Parler à l'intelligence des spectateurices parler à ce qui est prêt à lutter à défendre la dignité et la beauté Le théâtre ne se fait pas seul.e, nous créons des familles pour aboutir nos créations.

Je dois dire un immense merci à ces formidables humaines
à ma collègue extraordinaire Anne Baillard, qui rend tout possible
à celle qui l'a brillamment précédé, Julie-Marie Bourgeois
à ma précieuse collègue et amie Véronique Côté,
à la lumineuse Maryse Lapierre, l'inénarrable Claudie Gagnon, la fabuleuse Ariane Sauvé, la divine Michèle Motard et celle qui libère les voix, la grande Marcelle Dubois.
Vous m’apprenez à être une femme qui prend la parole, une femme debout

Je ne peux passer sous silence mes rencontres déterminantes qui ont transformé mon parcours avec Wajdi Mouawad, Jean-Sébastien Ouellette, Robert Lepage, Christian Fontaine, Éric Le Brech', Marc Doré, Jean-Marc Dalpé, Eliot Laprise, Marc-Antoine Malo et Olivier Arteau.

Merci au plus éblouissant coeur que je connaisse, mon fils Antonin. Merci d'avoir accepté mes horaires de fou, ce mode de vie atypique et cette abnégation qui n'est pas toujours saine, ton feu est grand, ton coeur magnifique, je t'aime plus que tout.

Mes parents Louis et Hélène, merci pour la confiance, le soutien, le goût des autres, , la poésie au quotidien, la clairvoyance, l'humour qui sauve la vie et cet élan vers le vivant et les vivants. Vous m’avez appris que comprendre, c’est prendre avec soi.

Je n'arriverai pas à nommer tous celleux qui m'aident au quotidien
la liste franchit même la frontière entre la mort et la vie, le lien qui nous unit les un.e.s aux autres est ce que nous possédons de plus précieux, et si le théâtre renforce ces liens, le chérir, c’est chérir ce qui nous rend plus humain.

Soyons fougueux, soyons courageux
Soyons révolutionnaires

Posons des gestes d'amour:
imaginer ce que c’est que d’être l’autre questionner, écouter, apprendre, redonner, cultiver, inventer,
aimer

tout ça, en boucle, à l’infini

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L'œil de l'artiste

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Jean-Simon Traversy

Jean-Simon Traversy

Membre du jury, 2025

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Biographie

Jean-Simon Traversy est metteur en scène et codirecteur artistique de Duceppe avec David Laurin. Auparavant, ils étaient à la barre de la compagnie LAB87.

Pour Duceppe, Jean-Simon a mis en scène Le Terrier de David Lindsay-Abaire, Manuel de la vie sauvage, adaptation du roman de Jean-Philippe Baril Guérard, Manikanetish, adaptation du roman de Naomi Fontaine par Julie-Anne Ranger-Beauregard et Janette de Rébecca Déraspe.

Il a remporté, avec Virginie Brunelle, le Prix de la mise en scène pour Royal, adaptation du roman de Jean-Philippe Baril Guérard.

Avec LAB87, il a monté Les flâneurs célestes d'Annie Baker, Constellations de Nick Payne et Yen d'Anna Jordan. Jean-Simon a aussi assuré la mise en scène de nombreuses pièces parmi lesquelles Simone et le whole shebang d'Eugénie Beaudry, Hamster de Marianne Dansereau et Nos coeurs remplis d'uréthane d'André Gélineau.

De 2014 à 2017, il a été conseiller artistique de Claude Poissant au Théâtre Denise Pelletier.

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Simon Rossiter

Simon Rossiter

Membre du jury, 2025

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Biographie

Simon Rossiter est un concepteur d'éclairage basé à Toronto qui conçoit occasionnellement des paysages. Spécialisé dans l'éclairage pour la danse, il a collaboré à plus de trois cents créations avec diverses compagnies (dont Citadel+Compagnie ; Dancemakers ; le Ballet national du Canada ; CôtéDanse ; Soulpepper Theatre Company ; Théâtre français de Toronto ; et Toronto Dance Theatre) Il est directeur du design à Fall for Dance North. Les conceptions de Simon ont reçu onze nominations aux prix Dora Mavor Moore, distinction qu’il a remportée à trois reprises. Il a également été mis en nomination à deux occasions pour le prix Pauline McGibbon décerné par le Conseil des arts de l'Ontario. Simon est également agent d'affaires pour l’organisme Associated Designers of Canada, IATSE Local ADC659, représentant les intérêts des designers à travers le Canada.

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Christine Quintana

Christine Quintana

Membre du jury, 2025

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Biographie

Née à Los Angeles d'un père mexicain-américain et d'une mère néerlando-britannique canadienne, Christine est maintenant une visiteuse reconnaissante des terres non cédées des peuples Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh. Christine est actrice, autrice dramatique, productrice et dramaturge. Lauréate d'un prix du LA Drama Critic's Circle, d’un prix Dora Mavor Moore, du Jessie Richardson Theatre Award, du prix Tom Hendry, d'une nomination au Prix du Gouverneur général et du Prix de la Protégée du Prix Siminovitch pour dramaturgie, les œuvres de Christine ont été traduites et interprétées en espagnol, en français, en allemand et en LSA dans plus de 10 villes du monde. En tant qu'interprète, elle s’est produite sur diverses scènes, allant des grandes salles aux espaces plus modestes, dans un camping-car, dans des quartiers de l'est de Vancouver et dans une ferme. Christine a obtenu une licence en beaux-arts du Acting Program de l'Université de la Colombie-Britannique.

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Mike Payette

Mike Payette

Membre du jury, 2025

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Biographie

Mike Payette est metteur en scène, éducateur et interprète, et s’est produit dans plusieurs des grands théâtres du Canada. Il a travaillé avec de nombreuses compagnies renommées à travers le pays, dont The Citadel, Vertigo, le Centre Banff, Geordie, Artistic Fraud of Newfoundland, Repercussion Theatre, Segal Centre, Centaur, The Grand, Factory Theatre, Neptune et le Centre national des Arts, entre autres.
Centre, Centaur, The Grand, Factory Theatre, Neptune, and the National Arts Centre, among others.

Ses mises en scene incluent: Mischief (Neptune/Tarragon/Native Earth Performing Arts) ; Come Home : The Legend of Daddy Hall, Cockroach, Craze, et Paint Me This House of Love (Tarragon), Takwahiminana (Soulpepper/Punctuate Theatre), Blithe Spirit (Festival Shaw), Choir Boy (Canadian Stage/Arts Club Theatre and Centaur), Harlem Duet (Black Theatre Workshop), Another Home Invasion (Tableau D’Hôte Theatre), Hosanna (Centaur/TDHT), Around the World in 80 Days, et Reaching for Starlight (Geordie), Venus, Burning Vision et Indecent (l'École nationale de théâtre du Canada), Sensitivity (Obsidian Theatre/CBC Gem, dans le cadre de 21 Black Futures), la première en langue française de Héritage – A Raisin in the Sun (Théâtre Duceppe), ainsi que les tournées nationales de The Tashme Project (Tashme Prod/Centaur/Factory/Firehall) et Angélique de Lorena Gale (BTW/Tableau D’Hôte/NAC/Factory/Obsidian). Conférencier à la Toronto Metropolitan University et artiste invité fréquent à l'École nationale de théâtre du Canada, Mike est double récipiendaire du Montréal English Theatre Award (META) et a été cofondateur et directeur artistique de Tableau D’Hôte Theatre ainsi que le directeur artistique adjoint de Black Theatre Workshop. Il a également été directeur artistique et exécutif de Geordie Productions à Montréal, avant de devenir directeur artistique du Tarragon Theatre à Toronto, où il est actuellement basé.

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Danielle Irvine

Danielle Irvine

Membre du jury, 2025

Image : Nom, Titre, Description

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Biographie

Danielle Irvine originaire de Terre-Neuve, a bâti une carrière distinguée au cours de ses 30 ans dans le théâtre. Parmi ses principales réalisations figurent son enseignement à l'École nationale de théâtre du Canada, ainsi que sa participation en tant que metteure en scène adjointe au Festival de Stratford, où elle a été la première metteure en scène à poursuivre des études au Conservatoire de Birmingham.

Danielle a reçu plusieurs distinctions prestigieuses, dont le Prix John Hirsch pour mise en scène du Conseil des arts du Canada, ainsi que le titre d’Artiste BMO de l'année et le Prix d'excellence de l'artiste décernés par ArtsNL. Elle a également été récipiendaire du Prix de la Protégée du Prix Siminovitch sous Jillian Keiley et, plus récemment, de la Médaille du couronnement du roi Charles III.

Son portfolio de misse en scène comprend des événements allant de spectacles solo intimes à des productions de grande envergure dans des lieux variés, qu’il s’agisse d’espaces dénichés ou de grands théâtres. Parmi les moments notoires de sa carrière figure le co-développement d’une production innovante, reconnue par le PACT comme un jalon important du théâtre en 1997.

Depuis 2014, elle est productrice artistique de Perchance Theatre, où elle allie sa passion pour la culture terre-neuvienne à une narration théâtrale intemporelle.

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Sonoyo Nishikawa

Sonoyo Nishikawa

Lauréate, 2024

Image : Nom, Titre, Description

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Biographie

Sonoyo Nishikawa, conceptrice d'éclairage originaire du Japon, a étudié à Londres auprès du ministère de l'Éducation et de la Culture du Japon. Sonoyo a travaillé aux côtés de Robert Lepage sur plusieurs de ses créations monumentales dont Le Songe d'une nuit d'été et Les Sept Branches de la Rivière Ota, pièce pour laquelle elle a remporté un prix Dora Mavor Moore. Ses conceptions innovantes lui ont valu de nombreuses distinctions, comme le Prix des meilleurs éclairages et le Prix Jaques-Pelletier. Parmi ses projets récents, citons Les Sept Branches de la Rivière Ota au National Theatre de Londres, Once Upon A One More Time à la Shakespeare Theatre Company de Washington, et Sexual Misconduct of the Middle Classes au Théâtre Centaur.

Dernière mise à jour : novembre 2024.

2024 Protégé

Mayumi Ide-Bergeron

Discours d’acceptation

Merci beaucoup. Je suis vraiment honorée et émue par cette distinction.

Tout d'abord, je tiens à féliciter mes co-finalistes - Itai, Debashis et The Old Trout Puppet Workshop. C'est incroyablement rassurant d'être si bien accompagnée sur cette aventure. Je suis reconnaissante de faire partie de ce groupe.

Je tiens également à exprimer mes sincères remerciements à toutes les personnes impliquées dans le Prix Siminovitch. J’ai vraiment apprécié le soutien franc que j'ai reçu au cours des derniers mois. Au jury qui m'a choisie, merci. Je suis profondément honorée et touchée de recevoir ce prix.

Un merci tout spécial à Anick Labissonniere, Lauréate du Prix Siminovitch 2015, pour sa mise en candidature. Je suis également reconnaissante envers Eo Sharp pour son encouragement et Marie Brassard, Lauréate du Prix Siminovitch 2022, qui a été une présence constante dans ma carrière depuis mes débuts au Canada. Travailler aux côtés de ces femmes incroyables, qui ont toujours été à la tête du théâtre moderne, a été une bénédiction. Je chérirai à jamais leur influence.

Je suis née d'un père fan de cinéma et d'une mère amatrice de théâtre, donc vous pouvez certainement dire que ma famille a grandement influencé mon parcours et ma passion pour le théâtre. Je tiens donc à remercier mes parents et ma famille de leur soutien indéfectible.

Je me rends compte qu'il n'est pas facile d'expliquer ou de comprendre ce que fait une conceptrice d'éclairage. Certaines personnes pensent encore que je ne fais qu’actionner des interrupteurs muraux ou tourner des roues chromatiques. 

La conception d'éclairage demeure un domaine nouveau dans le contexte historique du théâtre depuis la Grèce antique. Cela prendra peut-être des générations avant qu'une petite fille rêve de devenir conceptrice d'éclairage, mais nous vivons une époque où les choses changent rapidement. L'avenir est imprévisible, et je crois que nous devrions être optimistes à cet égard.

La conception d'éclairage est un pinceau distinct, qui enduit tous les arts de la scène. Elle insuffle vie aux tableaux et lie les différents éléments qui y contribuent, mais contrairement à la peinture, je ne peux pas la compléter seule. Je n'existerais pas sans les techniciens. Je remercie donc tous les éclairagistes qui m'ont accompagnée tout au long du parcours, particulièrement mes adjointes: Julie à Montréal et Karen à New York. Votre patience et votre dévouement ont été inestimables.

Au théâtre, peu importe la discipline dans laquelle on travaille, il est essentiel d'avoir une base technique solide, car c'est la racine à partir de laquelle l'art éclôt. J'ai eu la chance d'établir ces bases au Japon, où les concepteurs d'éclairage sont des soi-disant ingénieurs artistiques. Je suis fière de ce titre, car il reflète l'expertise technique requise pour insuffler vie aux arts de la scène.

Le domaine de la conception d'éclairage scénique est étroitement lié aux avancements dans les technologies informatiques et optiques, et il est impossible de les séparer. Si nous devions comparer la technologie d'éclairage d'il y a cinquante ans à celle d'aujourd' hui, nous aurions l'impression d'assister au deroulement de l'histoire, depuis l'âge de pierre jusqu’aux temps modernes. Et j'ai toujours été au coeur de ce creuset évolutionniste.

Cette évolution a facilité l'expression de choses qui étaient autrefois extrêmement ardues d’accomplir. Bien sûr, les outils de pointe continueront à nous inspirer. Cependant, en tant que créatrice de théâtre, je crois que le principe que nous ne devons jamais oublier est que la puissance de l'imaginaire et la sensibilité du public sont essentiels pour apporter le vécu universelle à l'espace artificiel du théâtre.

Pendant mon séjour à Londres, j'ai rencontré le metteur en scène Robert Lepage, ce qui m'a amenée au Canada. J'étais enthousiaste à l'idée de collaborer avec lui, mais je me suis vite rendue compte à quel point ce serait difficile. Son processus créatif était largement improvisé ; il n'y avait aucun texte, et son espace de répétition était une vieille discothèque au plafond bas et ans éclairage. Ayant été formée dans le monde structuré du théâtre au Japon, c'était un tout nouveau monde pour moi.

Je me suis souvent demandée : « Pourquoi moi ? » C’est dans ce désarroi que le maître concepteur d'éclairage David Hersey m'a offert un conseil: « Sonoyo, les nouvelles étoiles naissent toujours du chaos. »

Puis, après trois ans de lutte, Les Sept Branches de la Rivière Ota, une épopée théâtrale de sept heures, est née. Même 25 ans plus tard, elle continue d'être jouée dans le monde entier. C'est une production monumentale dans l'histoire du théâtre, et je suis fière d'en avoir fait partie. Robert continue d'inspirer de nombreux artistes, ce qui, je pense, est la preuve de son génie. Je lui suis éternellement reconnaissante de l’opportunité qu'il m'a offerte.

Maintenant, des années plus tard et après avoir participé à d'innombrables productions, je tiens à exprimer ma sincère gratitude à la communauté théâtrale canadienne de m'avoir accueillie. En tant que personne dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais, j'ai été profondément émue par votre générosité.

La création théâtrale est toujours le produit d'un effort commun. Une excellente production n'est jamais uniquement le produit d'une excellente conception d'éclairage. Les œuvres qui résonnent vraiment auprès du public sont celles où chacun d'entre nous se consacre de tout cœur à son champ d'expertise, mais sait quand lâcher prise de notre attachement à nos désirs individuels.

En effet, la magie du théâtre naît au moment où les frontières entre le texte, la scénographie, les costumes, la chorégraphie, la mise en scène, le jeu d'acteur, la musique et l'éclairage s’intègrent si harmonieusement qu'il devient impossible de les distinguer. C'est dans ces moments que le public peut ressentir les profondeurs du récit, au-delà de ce qu'il voit de ses yeux.

Aujourd'hui, je sens que cet honneur qui m’est conféré honore tous ceux qui sont impliqués dans les arts de la scène, tous ceux qui ont consacré leur vie à ce métier. À vous tous, mes sincères félicitations.

Je vous remercie de m’avoir écoutée.

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L'œil de l'artiste

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Mayumi Ide-Bergeron

Mayumi Ide-Bergeron

Protégé, 2024

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Mayumi est une artiste multidisciplinaire bilingue basée à Tiohtià :ke, Montréal et une Canado-japonaise de quatrième génération. Elle a étudié à l'École nationale de théâtre du Canada dans le cadre du programme de scénographie.

Friande de défis, ses créations sont ingénieuses et poétiques, tirant leur inspiration du théâtre français et anglais. Elle s'intéresse à toute la diversité de formes du spectacle, y compris le cirque, la danse, le théâtre, le cinéma et la télévision. Ses créations théâtrales incluent des costumes pour Mizushobai (Tableau d'hôte), Et on campera sur la lune (Les Marcels), et 2playtour 2023 (Geordie), ainsi que la conception d'accessoires pour Kukum (TNM), Chimerica (Duceppe), Le Roi Danse (Denise-Pelletier), Château du Ciel (Théâtre Denise-Pelletier) et 2playtour 2023 (Geordie). Mayumi a également contribué à multiples productions. Mayumi se régale dans la découverte de méthodes de narration inventives. Elle articule sa passion pour l'éco-conception et les pratiques artistiques durables à travers son usage fréquent de matériaux naturels, d’objets d'occasion et de plans de recyclage. Mizushobai (Tableau d’hote),  Et on campera sur la lune (Les Marcels), 2playtour 2023 (Geordie). Props design for Kukum (TNM), « Chimerica » (Duceppe), Le Roi Danse (Denise-Pelletier), Château du Ciel (Théâtre Denise-Pelletier) and  2playtour 2023 (Geordie). Mayumi has also assisted on multiple productions. Mayumi delights in finding creative solutions for storytelling. Her passion for eco-design and sustainable arts practices often articulates itself in natural materials, secondhand objects and recycling plans among others.

Dernière mise à jour : novembre 2024.

Prrésenté par

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