Ravi Jain

Ravi Jain

Lauréat, 2025
Finaliste, 2016, 2019, 2022

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Biographie

Ravi Jain est un artiste de théâtre salué pour ses propositions théâtrales accessibles, mais audacieuses politiquement et philosophiquement, qui ont transformé le théâtre canadien. Metteur en scène visionnaire et polyvalent, producteur avisé et acteur inventif, il a pendant toute sa carrière réimaginé le théâtre, désireux de mieux rejoindre le public et les artistes.

Au sein de Why Not Theatre, monsieur Jain a contribué à plus de 40 collaborations, présentées sur tous les continents. Le travail de Ravi est constamment diffusé au fil des ans, au Canada et à l’international, notamment dans les plus grands festivals. Sa récente adaptation du Mahabharata, présentée en première au festival Shaw, a effectué une tournée jusqu’au Barbican Theatre, à Londres, et au Lincoln Centre, à New York. Mahabharata, premiered at the Shaw Festival and toured to sell out the Barbican Theatre in London, and the Lincoln Centre in New York.

Ravi a reçu le prix Pauline-McGibbon pour le metteur en scène émergent, en 2012, celui du John-Hirsch de la mise en scène, du Conseil des arts du Canada en 2016, et un prix Johanna-Metcalf des arts de la scène, en 2022. Il est diplômé de l’École Jacque Lecoq, en France.

Dernière mise à jour : octobre 2025.

2025 Protégée

Miriam Fernandes

Discours d’acceptation

Je ne pensais vraiment pas me retrouver devant vous aujourd’hui et je me rends compte que je n'ai encore remercié personne dans mon discours. Alors, je vais improviser au fur et à mesure. Merci, merci pour cet honneur. Je tiens d’abord à reconnaître Adrian, Estelle, Anne-Marie. Partager le déjeuner avec vous aujourd'hui a été un vrai plaisir, mais votre œuvre, faire partie de cette cohorte revêt une grande importance pour moi. Vous êtes incroyables.

J'ai imaginé trois fois dans ma vie ce que ce serait de me tenir ici et de prononcer ce discours—mais je n'ai jamais eu à l'écrire, auparavant. Cela a été étonnamment difficile. Les trois dernières fois, je savais exactement ce que je voulais dire. Et en ce moment, je ne le sais pas. Je suis quelqu'un qui n'a jamais manqué de mots, mais je suis…perdu. Je veux dire, écoutez, j'ai 45 ans maintenant, j'ai deux enfants (je n’ai pas dormi depuis quatre ans) et je viens de terminer l'un des projets les plus ambitieux de ma vie. C’est peut-être la mi-vie ou mi-carrière dont les gens parlent.

En cherchant quoi dire, je n'arrêtais pas de penser à Elinore Siminovitch.

Elinore était dramaturge mais, malgré tous ses efforts, aucune de ses pièces n’a été produite. Sa voix n’a jamais résonné sur les scènes professionnelles au Canada. … En apprenant son parcours, j’avais ressenti une colère profonde. Elinore était une véritable artiste à qui l’on n’a pas laissé sa chance. Elle était une femme, elle était une féministe, et son genre et ses convictions n'étaient pas les bienvenus. Je me sentais révolté contre l'injustice de ce qu'elle avait vécu. C'est une colère qui brûle encore en moi, parce que ce qu'Elinore a vécu, c'est la même chose que j’ai vu mettre prématurément fin à la carrière de nombreux artistes- quand on n’accorde pas à leur voix une place, du soutien ou de la visibilité. C'est une rage avec laquelle je me bats depuis des décennies – et qui, à plusieurs reprises, a failli me consumer entièrement.

Bon, je sais que vous me regardez et vous vous dites : mais tu es tellement drôle, tellement chou… comment peux-tu être aussi en colère ? La colère était un feu, le carburant nécessaire pour que je fasse de la place à ma voix artistique - parce que dès mon premier jour ici au Canada, j'ai dû me battre pour me faire une place et démontrer ma valeur. En 2007, le paysage artistique canadien n'était pas si différent de celui qu’Elinore avait connu des décennies auparavant - il manquait d’imagination pour savoir quoi faire de moi.

Alors, je me suis dit « Ils verront bien » J'ai créé Why Not Theatre parce que je voulais mettre au défi toutes les préconceptions que les gens avaient sur qui j’étais, mon identité, le type de travail que je réaliserais, la manière dont je le ferais et jusqu'où je pourrais aller. Et je voulais la même chose pour toutes les Elinores de ma génération. Je voulais démontrer qu'il y avait une autre façon de faire cette chose que nous appelons le théâtre, et je voulais qu'on soit curieux quant à ce qu’il pourrait être; si nous modifions QUI raconte l'histoire, et COMMENT nous la racontons - nous débloquons alors en fait le super pouvoir du théâtre ; l'imagination.

Et la chose incroyable qui s'est produite quand j'ai commencé Why Not, c'est que je n'étais pas seul. Toute une communauté d'artistes venus des quatre les coins de la ville, du pays et du monde ressentait la même colère et la même injustice, et voulait changer le système. Nous voulions tous une « anti-institution » - pour que les choses soient meilleures ; un meilleur art, de meilleurs processus, un meilleur soutien, un meilleur monde. Nous réussissions, nous échouions, nous étions intrépides et nous avons tracé de nouvelles voies. Nous gagnions des batailles, mais pas la guerre. Poussé par la rage, je démolissais sans cesse les barrages systémiques qui ne cessaient de se présenter. J'étais une grenade ; qui explosait. À répétition.

Mahabharata était un mastodonte né de ce feu rageur. En quelque sorte, il a été conçu comme un geste de défi envers toutes ces mêmes personnes qui ont bloqué Elinore ; celles qui ont cru que cette histoire et ces acteurs n’étaient pas dignes d'un public. Et quelque chose de curieux s'est passé au cours des 10 années qu’ont duré la création et la tournée de ce projet … J’ai pris place dans des théâtres obscurs avec des publics au Canada, en Australie, en Angleterre et aux États-Unis … et j’ai écouté les spectateurs réunis, et le message transmis par mes ancêtres depuis des millénaires ! Cette histoire sur la guerre - et sur la colère, la cupidité et la vengeance… son message est « paix ».

Et du coup, je suis dérouté. Je m'assieds dans ma colère. Je médite sur la paix.

Depuis des millénaires, nous, les humains, avons choisi la colère plutôt que la paix.

Il se peut que cette colère ait servi de feu pour alimenter ma créativité pendant les deux dernières décennies, mais ses flammes sont indifférentes. C'est le même feu qui alimente le génocide, les ravages climatiques, les régimes autoritaires et toutes les choses qui déshumanisent ce monde - qui continuent de me mettre en rage. Ça me brise le cœur.

When I reflect on why we humans tell stories, I think about how we’re the only species that does that. It’s our imagination that separates us from animals. When I think of the role of the artist, I think about what it is to be human. To be humane. Peace is a uniquely human act. To choose peace is to reaffirm that we are human.

There always have and will be forces that profit from our division. Theatre, by its nature, gathers us. It asks us to consider another point of view, another experience, another way to be. We sit next to each other as neighbours. We need each other’s imaginations to create the world. And if we can imagine another world then we can create it.

Theatre remains necessary for our survival because it is, as some Indigenous communities say, a medicine… It heals. And that healing doesn’t only happen in those precious buildings Canada has invested so much money and infrastructure into. It is happening in small communities everywhere, people with little resources, far and wide, working so hard with so little to heal with stories, music, dance, painting, photography, poetry.

L’artiste guérit les brûlures, réensemence le sol, éteint les flammes.

L’artiste nettoie le désordre.

When you meet an artist – support them.

When you meet an artist – thank them.

Recevoir ce prix en cette année si spéciale pour le Prix Siminovitch a une signification toute particulière pour moi. D'autant plus que mon cher ami et mentor, Daniel Brooks, a été le premier lauréat de ce prix… Alors je ne sais pas, célébrer le 25e anniversaire de ce prix de cette façon me semble tout à fait approprié. De façon étrange, j’ai l’impression que cela me rapproche davantage de lui.

Je dépasse largement mon quota de 600 mots et je n'ai pas encore remercié personne. Je vous demande donc un peu de patience - désolé Aimée

Merci à Lou et Elinore, à toute l'équipe de la fondation, à mes extraordinaires et magnifiques co-artistes finalistes. Au jury. et à toutes celles et ceux qui ont soutenu ma candidature

Il m'a toujours semble que le « discours de remerciement » est un drôle d’exercice dans la mesure où je mentionne des personnes dont vous ignorez l'identité… vous ne connaissez pas leur importance à mes yeux - Je demande donc votre indulgence tandis que j'évoque celles et ceux qui m'ont permis d'en arriver à cet instant, et je vous invite à prendre un moment pour penser à toutes les personnes ayant joué un rôle dans votre propre parcours.

Je pense à mes professeurs et mes mentors, à ceux qui m’ont encouragé, offert des opportunités, accompagné dans les périodes les plus sombres et effrayantes et insufflé du courage. Ce prix leur revient.

Je pense également à tous mes supporters, co-consipirateus, et partisans. Ceux et celles qui ont dit « oui », qui ont cru en moi, qui m’ont regardé avec des yeux pleins de curiosité et des cœurs ouverts, plaçant toute leur foi et leur confiance entre mes mains. Ils ont dit : "OUI ! Allons-y ! Tu en es capable ! On s’en sortira…". Ce prix leur revient aussi.

Je pense à ceux et celles qui ont dit « non », aux obstacles que j’ai dû franchir, contourner ou surmonter. À la douleur, à la solitude et au regret des occasions manquées. Ce prix leur revient aussi.

Je veux évoquer ma famille. Ces personnes qui m’apportent soutien, joie et parfois stress, qui me donnent de leur temps et qui prennent du mien…celles qui sont toujours là et que je dois me rappeler de ne pas prendre pour acquis – ce prix leur revient également.

Je prolonge finalement la lignée jusqu'à mes ancêtres. Tous ces êtres que je n'ai jamais connus et ne connaîtrai jamais. C'est d'eux que j'ai hérité ce monde. Tous leurs choix m'ont conduit à cet instant précis. Et ce moment se présente comme une petite seconde entre eux et ces inconnus qui viendront après. Celles et ceux qui hériteront de mes choix – de nos choix.

L'histoire de cet instant devient alors le flambeau que nous remettrons à ceux qui suivront. Nous le ferons dans l'espoir que nous saurons façonner un avenir surpassant le moment que nous vivons aujourd'hui…

Que notre imagination soit un catalyseur de paix.

Paix au peuple de Palestine, qu'un jour tu sois libre.

Que la paix soit sur vous. Et que la paix sur nous.

Je vous remercie.

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Miriam Fernandes

Miriam Fernandes

Protégée, 2025

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Miriam Fernandes occupe le poste de codirectrice artistique au sein de la compagnie internationale torontoise Why Not Theatre. Forte de plus de dix ans d’expérience en tant que créatrice et interprète, elle oriente désormais sa carrière vers la réalisation. Parmi ses réalisations récentes figurent Mahabharata (Why Not Theatre/Shaw Festival/Barbican Centre) ainsi que What You Won’t Do for Love (mettant en vedette les Drs David Suzuki et Tara Cullis, Why Not Theatre). Elle signe également la mise-en-scène de Sangen fra Verdens Ende (The National Stage, Bergen, Norvège), The Courage to Right a Woman’s Wrongs (Stratford Festival Meighan Forum), Metamorphoses (CDTPS), Hayavadana (Soulpepper Theatre), et Nesen (MiniMidiMaxi Festival, Norvège). Miriam développe actuellement plusieurs projets, y compris une adaptation de The Vegetarian, roman de l’auteure nobélisée Han Kang. Elle est diplômée de l’École Jacques Lecoq (Paris) et s’est vu décerner le prix Dora Mavor Moore pour la meilleure performance individuelle et la meilleure nouvelle pièce avec Mahabharata, également primée en tant que meilleure production.

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Adrienne Wong

Adrienne Wong

Finalist / Jury, 2025

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Biographie

Autrice dramatique, metteuse en scène, performeuse et créatrice, le travail d’Adrienne Wong chevauche le théâtre et le numérique. Parmi ses nombreux projets figurent The Apology Generator (CBC Radio Q Residency), SadSongs.ca (Nightswimming Theatre), Landline (cocréation avec Dustin Harvey), Me On The Map (cocréation avec JD Derbyshire, nommée aux prix Jessie, Banff Playwrights Lab), Mixie and the Halfbreeds (co-écriture avec Julie Tamiko Manning) et plus récemment SmartSmart. Ses articles de fond ont paru dans diverses publications et revues. Elle enseigne fréquemment et contribue au secteur culturel comme membre du conseil d’administration de la Playwrights Guild of Canada, du comité directeur de Balancing Act et du comité consultatif des HowlRound Theatre Commons. Précédemment productrice artistique au Neworld Theatre, elle est maintenant directrice artistique du SpiderWebShow Performance et conservatrice au FOLDA-Festival of Live Digital Art. Adrienne détient un baccalauréat en arts de l’Université Simon Fraser et une maîtrise en écriture de l’université de Victoria.

Adrienne, on being shortlisted for the 2025 Siminovitch Prize.

I didn’t get into theatre to race towards a finish line or to win gold medals. I came because the theatre was a place where I could live in an ephemeral space between the “real” world and the world of my imagination – which is no less real to me. It was growing up in Calgary where I found my place in the community of individuals that coalesce around the theatre. I am still here because of all of you, my colleagues. You care as much as I do about the deliciously wicked problems of making something that has never been made before. The conversations we have when we are working are an intoxicating kind of intimacy. We play in the territory where the imagined and the embodied intermingle and come to life. And then we give it all away.

I am honoured to be among this year’s cohort of artists. Anne-Marie, Ravi and Estelle: your work brings delight, truth, big questions, and joy to so many. I’m inspired by the ways each of you have rooted your work in the communities you serve. We share a belief that theatre is not complete without the audience.

Tonight, that is you who is taking in my words; you are the audience. I believe so strongly in the importance of your presence that I make shows where I get to look you each in the eye, where we could touch – but only if you want to. I think about your attention, your laughter, that inscrutable face you make when you’re listening and I can’t tell if you love it or hate it, I look forward to the conversations we have after the show.

Thank you to the Siminovitch Theatre Foundation, to the board, Aimee, the team, and to the selection committee. This year in particular, your job was not to compare apples to oranges, but apples to octopus. I’m deeply grateful for the shift in criteria to celebrate this 25th anniversary of the Siminovitch Prize. There are many artists in Canada whose work sits between disciplines out of necessity and curiosity. That our Canadian theatre community values work that investigates the margins and interrogates conventions speaks to our collective ability to evolve and welcome difference. Navigating difference – and whatever discomfort that might follow – is increasingly important in an era defined by division, partisanship, and binaries. As theatre artists, we have the ability to be present in complex spaces that are full of ambiguity. By witnessing our acts of attending to complexity, to nuance, to contradiction, perhaps our audiences can find insight, understanding, and relief.

To my parents – all three of you – thank you for teaching me that weird is good. To my sisters, thank you for being my first companions in collective creation. To my children, thank you for teaching me about presence. Thank you to Nathan Medd for pretending that I’m smarter than him, and for convincing me that I stood a chance to try for this prize. Thank you to Dani Fecko and Kirsty Munro, who encouraged me when I wanted to quit. And to all those who contributed to my nomination package: David Yee, Amiel Gladstone, Eric Coates, Kevin Kerr, Milton Lim, Lisa Ravensbergen and my bestie JD Derbyshire – who I know is cheering me on from the big velvet seats in the sky, swapping stories in the lobby with Norman Armour and Kathleen Flaherty. I think about the three of you regularly and strive to put what I’ve learned from you into action: to ask the hard questions, to follow the signs, and to trust that, together, we can figure it out.

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L'œil de l'artiste

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Estelle Shook

Estelle Shook

Finaliste, 2025

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Biographie

Estelle Shook a voué toute sa carrière comme directrice de théâtre, programmatrice, organisatrice et animatrice communautaire à approfondir les liens entre les artistes, le public et le sol. Dans une société qui tend de plus en plus à nous éloigner de la nature et de nos communautés, les histoires et les créations d’Estelle témoignent de l’importance et de la vitalité de nos interconnexions. Son œuvre produit un effet viscéral et transformateur, tant sur les artistes que sur le public. Elle nous invite à aborder de front les changements sociaux et environnementaux nécessaires à la transformation de nos communautés.

Dernière mise à jour : octobre 2025.

Estelle, on being shortlisted for the 2025 Siminovitch Prize

Jury members. Chair. Board of Directors. Founders. Everyone at the Siminovitch Theatre Foundation: Thank you for this honour.

Adrienne. Anne-Marie. Ravi. Your commitment to your craft is inspiring and galvanizing. I am
honoured to have shared this journey with you.

The Siminovitch Prize is a gift of encouragement – for who among us in the theatre has not doubted or despaired in the midst of plying their craft? But, this national recognition, and the opportunity to share my practice with a broader public has seismically shifted my sense of possibility.

As an artist, I am deeply grateful.

But more than that, the Siminovitch Prize proclaims to Canada that theatre matters. And as a Canadian, I am fiercely grateful. I want to live in a country that values the theatre, because it means we value the act of collaborative creation. Of seeing together. Of being in community.

If I am standing before you tonight, the jury is recognizing, in me, all who create theatre on the
outskirts, the margins, the spaces beyond the traditional theatrical norms. I have devoted much
of my career to creating outdoor, site specific theatre on a farm in the Okanagan, for a local,
national, and international audience.

And if there is one thing I have learned in my years of practice in the literal fields it is this: The
magic we seek, the enchantment we desire is found in community. But only if we recognize that
our community is more than our peers – it’s also the people with whom we do not agree. That
our community is more than our fellow humans – it is the brilliant unfolding creative act that is
the natural world.

I believe that our art form’s way forward is about entwining more strands of relationship into
our theatre practice, creating more tensile strength in the social fabric so that we can withstand
the buffeting winds and the pelting hail of this great transformational storm.

We must be bold.

We must take our theatre out into the streets. We must meet our communities where they are
at. We must access the deepest oldest stories where the eternal truths are hidden, and
reimagine them for these times. Our theatre can be the thread to follow, the lamp that lights
the way, the horse that carries us home. As theatre artists we are most equipped to do this
work because our art is the cauldron of all arts. The crucible of artistic expression and embodied
experience. Not everyone paints or writes – but everyone acts.

And it is time to act.

I am here today because a group of theatre artists dared to leave the city – traveling from town
to town by horse and wagon with ideas that challenged the conservative status quo. I was a six
year old kid in love with nature and art standing in a field by the side of the road in Westwold
when the Caravan Stage Company rolled by. My mother and my siblings and I had just landed at my aunt’s farm, our chevy malibu packed with our belongings. We were poor – welfare mom
three-kids-in-tow poor. My life till then was a story penned within the narrow confines of our
socio economic status.

And as I watched those gypsy wagons and Clydesdale horses pass by like some fabulous mirage I suddenly understood that the world was full of mystery and possibility. That vision has
sustained me throughout my life, and I will forever be grateful for the gift that those artists gave
me that day. And I will carry this vision forward, in search of a theatre that seeks nothing less
than to be an encounter with the mystery at the heart of existence and entertainment and a
community practice, alive and expressive and accessible to all.

To my daughter Violeta, partner Ivan, and all of the artists who have and continue to shape me,
I share this honour with you.

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Anne-Marie Olivier

Anne-Marie Olivier

Finaliste, 2025

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Biographie

Anne-Marie Olivier, figure marquante du théâtre québécois, est reconnue comme autrice et interprète. Son parcours débute en 2004 avec Gros et Détail, qui lui vaut le prix d'interprétation Paul Hébert et le Masque du public Loto-Québec.

Sa carrière d'interprète l'amène à collaborer avec Wajdi Mouawad à l'international pour les productions Forêts, Les Trois sœurs et Temps. Avec sa compagnie Bienvenue aux dames!, elle crée plusieurs œuvres dont Gros et Détail, Annette, Scalpée, Faire l'amour, et Venir au monde, qui remporte le Prix du Gouverneur général en 2018. Récemment, Maurice et 15 façons de te retrouver confirment son talent exceptionnel.

Son travail se distingue par la cueillette d'histoires vraies et la quête de sens. De 2012 à 2022, elle assure la codirection générale et artistique du Théâtre du Trident. Aujourd'hui, elle se consacre pleinement à la création et enseigne au Conservatoire d'Art dramatique de Québec.

Dernière mise à jour : octobre 2025.

Anne-Marie, on being shortlisted for the 2025 Siminovitch Prize

I am so honored to be a finalist for this award.

Thank you so much to the twelve founders who created this award, to those of you who work at the Siminovitch Theatre Foundation, and to the members of the jury.
Highlighting theatre artists in this way remains a deeply moving endeavour.
By continuing this initiative, you are telling us that being an artist is fundamental, essential.

Ravi, Estelle, Adrienne, your practices are inspiring, and I feel lucky to shine alongside you

Our era needs to offer experiences where we can create connections, sacred experiences, communions where we laugh and reflect together, gatherings where we can lay down our unanswered questions, where we expose the best and worst of human beings, electrifying theatre that galvanizes us, that transforms us.

Making theatre like preparing a meal for people we love. Offering balm for the heart and mind. Speaking to the intelligence of the audience. Speaking to what is ready to fight, to defend dignity and beauty. Theatre is not done alone; we create families to bring our creations to fruition.

I must say a huge thank you to these wonderful women
to my extraordinary colleague Anne Baillard, who makes everything possible
to the one who brilliantly preceded her, Julie-Marie Bourgeois
to my invaluable colleague and friend Véronique Côté,
to the luminous Maryse Lapierre, the indescribable Claudie Gagnon, the fabulous Ariane Sauvé, the divine Michèle Motard, and the one who liberates voices, the great Marcelle Dubois.
You teach me to be a woman who speaks up, a woman who stands tall.

I cannot overlook the defining  encounters that have transformed my journey with Wajdi Mouawad, Jean-Sébastien Ouellette, Robert Lepage, Christian Fontaine, Éric Le Brech’, Marc Doré, Jean-Marc Dalpé, Eliot Laprise, Marc-Antoine Malo and Olivier Arteau.

Thank you to the most dazzling heart I know, my son Antonin. Thank you for accepting my crazy schedule, this atypical lifestyle and this self-sacrifice that is not always healthy. Your fire is great, your heart is magnificent, I love you more than anything.

My parents Louis and Hélène, thank you for your trust, your support, your appreciation of others, your everyday poetry, your clear-sightedness, your life-saving humour and your zest for life and living things. You taught me that to understand is to take with you.

I cannot name all those who help me on a daily basis.
The list even crosses the boundary between death and life. The bond that unites us is our most precious possession, and if theatre strengthens these bonds, cherishing it means cherishing what makes us more human.

Let us be passionate, let us be courageous.
Let us be revolutionary.

Let us perform acts of love:
imagine what it is like to be the other, question, listen, learn, give back, cultivate, invent,
love.

All of this, over and over again, infinitely.

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Jean-Simon Traversy

Jean-Simon Traversy

Membre du jury, 2025

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Biographie

Jean-Simon Traversy est metteur en scène et codirecteur artistique de Duceppe avec David Laurin. Auparavant, ils étaient à la barre de la compagnie LAB87.

Pour Duceppe, Jean-Simon a mis en scène Le Terrier de David Lindsay-Abaire, Manuel de la vie sauvage, adaptation du roman de Jean-Philippe Baril Guérard, Manikanetish, adaptation du roman de Naomi Fontaine par Julie-Anne Ranger-Beauregard et Janette de Rébecca Déraspe.

Il a remporté, avec Virginie Brunelle, le Prix de la mise en scène pour Royal, adaptation du roman de Jean-Philippe Baril Guérard.

Avec LAB87, il a monté Les flâneurs célestes d'Annie Baker, Constellations de Nick Payne et Yen d'Anna Jordan. Jean-Simon a aussi assuré la mise en scène de nombreuses pièces parmi lesquelles Simone et le whole shebang d'Eugénie Beaudry, Hamster de Marianne Dansereau et Nos coeurs remplis d'uréthane d'André Gélineau.

De 2014 à 2017, il a été conseiller artistique de Claude Poissant au Théâtre Denise Pelletier.

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Simon Rossiter

Simon Rossiter

Membre du jury, 2025

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Biographie

Simon Rossiter est un concepteur d'éclairage basé à Toronto qui conçoit occasionnellement des paysages. Spécialisé dans l'éclairage pour la danse, il a collaboré à plus de trois cents créations avec diverses compagnies (dont Citadel+Compagnie ; Dancemakers ; le Ballet national du Canada ; CôtéDanse ; Soulpepper Theatre Company ; Théâtre français de Toronto ; et Toronto Dance Theatre) Il est directeur du design à Fall for Dance North. Les conceptions de Simon ont reçu onze nominations aux prix Dora Mavor Moore, distinction qu’il a remportée à trois reprises. Il a également été mis en nomination à deux occasions pour le prix Pauline McGibbon décerné par le Conseil des arts de l'Ontario. Simon est également agent d'affaires pour l’organisme Associated Designers of Canada, IATSE Local ADC659, représentant les intérêts des designers à travers le Canada.

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Christine Quintana

Christine Quintana

Membre du jury, 2025

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Biographie

Née à Los Angeles d'un père mexicain-américain et d'une mère néerlando-britannique canadienne, Christine est maintenant une visiteuse reconnaissante des terres non cédées des peuples Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh. Christine est actrice, autrice dramatique, productrice et dramaturge. Lauréate d'un prix du LA Drama Critic's Circle, d’un prix Dora Mavor Moore, du Jessie Richardson Theatre Award, du prix Tom Hendry, d'une nomination au Prix du Gouverneur général et du Prix de la Protégée du Prix Siminovitch pour dramaturgie, les œuvres de Christine ont été traduites et interprétées en espagnol, en français, en allemand et en LSA dans plus de 10 villes du monde. En tant qu'interprète, elle s’est produite sur diverses scènes, allant des grandes salles aux espaces plus modestes, dans un camping-car, dans des quartiers de l'est de Vancouver et dans une ferme. Christine a obtenu une licence en beaux-arts du Acting Program de l'Université de la Colombie-Britannique.

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Mike Payette

Mike Payette

Membre du jury, 2025

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Biographie

Mike Payette est metteur en scène, éducateur et interprète, et s’est produit dans plusieurs des grands théâtres du Canada. Il a travaillé avec de nombreuses compagnies renommées à travers le pays, dont The Citadel, Vertigo, le Centre Banff, Geordie, Artistic Fraud of Newfoundland, Repercussion Theatre, Segal Centre, Centaur, The Grand, Factory Theatre, Neptune et le Centre national des Arts, entre autres.
Centre, Centaur, The Grand, Factory Theatre, Neptune, and the National Arts Centre, among others.

Ses mises en scene incluent: Mischief (Neptune/Tarragon/Native Earth Performing Arts) ; Come Home : The Legend of Daddy Hall, Cockroach, Craze, et Paint Me This House of Love (Tarragon), Takwahiminana (Soulpepper/Punctuate Theatre), Blithe Spirit (Festival Shaw), Choir Boy (Canadian Stage/Arts Club Theatre and Centaur), Harlem Duet (Black Theatre Workshop), Another Home Invasion (Tableau D’Hôte Theatre), Hosanna (Centaur/TDHT), Around the World in 80 Days, et Reaching for Starlight (Geordie), Venus, Burning Vision et Indecent (l'École nationale de théâtre du Canada), Sensitivity (Obsidian Theatre/CBC Gem, dans le cadre de 21 Black Futures), la première en langue française de Héritage – A Raisin in the Sun (Théâtre Duceppe), ainsi que les tournées nationales de The Tashme Project (Tashme Prod/Centaur/Factory/Firehall) et Angélique de Lorena Gale (BTW/Tableau D’Hôte/NAC/Factory/Obsidian). Conférencier à la Toronto Metropolitan University et artiste invité fréquent à l'École nationale de théâtre du Canada, Mike est double récipiendaire du Montréal English Theatre Award (META) et a été cofondateur et directeur artistique de Tableau D’Hôte Theatre ainsi que le directeur artistique adjoint de Black Theatre Workshop. Il a également été directeur artistique et exécutif de Geordie Productions à Montréal, avant de devenir directeur artistique du Tarragon Theatre à Toronto, où il est actuellement basé.

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Danielle Irvine

Danielle Irvine

Membre du jury, 2025

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Biographie

Danielle Irvine originaire de Terre-Neuve, a bâti une carrière distinguée au cours de ses 30 ans dans le théâtre. Parmi ses principales réalisations figurent son enseignement à l'École nationale de théâtre du Canada, ainsi que sa participation en tant que metteure en scène adjointe au Festival de Stratford, où elle a été la première metteure en scène à poursuivre des études au Conservatoire de Birmingham.

Danielle a reçu plusieurs distinctions prestigieuses, dont le Prix John Hirsch pour mise en scène du Conseil des arts du Canada, ainsi que le titre d’Artiste BMO de l'année et le Prix d'excellence de l'artiste décernés par ArtsNL. Elle a également été récipiendaire du Prix de la Protégée du Prix Siminovitch sous Jillian Keiley et, plus récemment, de la Médaille du couronnement du roi Charles III.

Son portfolio de misse en scène comprend des événements allant de spectacles solo intimes à des productions de grande envergure dans des lieux variés, qu’il s’agisse d’espaces dénichés ou de grands théâtres. Parmi les moments notoires de sa carrière figure le co-développement d’une production innovante, reconnue par le PACT comme un jalon important du théâtre en 1997.

Depuis 2014, elle est productrice artistique de Perchance Theatre, où elle allie sa passion pour la culture terre-neuvienne à une narration théâtrale intemporelle.

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Sonoyo Nishikawa

Sonoyo Nishikawa

Lauréate, 2024

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Biographie

Sonoyo Nishikawa, conceptrice d'éclairage originaire du Japon, a étudié à Londres auprès du ministère de l'Éducation et de la Culture du Japon. Sonoyo a travaillé aux côtés de Robert Lepage sur plusieurs de ses créations monumentales dont Le Songe d'une nuit d'été et Les Sept Branches de la Rivière Ota, pièce pour laquelle elle a remporté un prix Dora Mavor Moore. Ses conceptions innovantes lui ont valu de nombreuses distinctions, comme le Prix des meilleurs éclairages et le Prix Jaques-Pelletier. Parmi ses projets récents, citons Les Sept Branches de la Rivière Ota au National Theatre de Londres, Once Upon A One More Time à la Shakespeare Theatre Company de Washington, et Sexual Misconduct of the Middle Classes au Théâtre Centaur.

Dernière mise à jour : novembre 2024.

2024 Protégé

Mayumi Ide-Bergeron

Discours d’acceptation

Merci beaucoup. Je suis vraiment honorée et émue par cette distinction.

Tout d'abord, je tiens à féliciter mes co-finalistes - Itai, Debashis et The Old Trout Puppet Workshop. C'est incroyablement rassurant d'être si bien accompagnée sur cette aventure. Je suis reconnaissante de faire partie de ce groupe.

Je tiens également à exprimer mes sincères remerciements à toutes les personnes impliquées dans le Prix Siminovitch. J’ai vraiment apprécié le soutien franc que j'ai reçu au cours des derniers mois. Au jury qui m'a choisie, merci. Je suis profondément honorée et touchée de recevoir ce prix.

Un merci tout spécial à Anick Labissonniere, Lauréate du Prix Siminovitch 2015, pour sa mise en candidature. Je suis également reconnaissante envers Eo Sharp pour son encouragement et Marie Brassard, Lauréate du Prix Siminovitch 2022, qui a été une présence constante dans ma carrière depuis mes débuts au Canada. Travailler aux côtés de ces femmes incroyables, qui ont toujours été à la tête du théâtre moderne, a été une bénédiction. Je chérirai à jamais leur influence.

Je suis née d'un père fan de cinéma et d'une mère amatrice de théâtre, donc vous pouvez certainement dire que ma famille a grandement influencé mon parcours et ma passion pour le théâtre. Je tiens donc à remercier mes parents et ma famille de leur soutien indéfectible.

Je me rends compte qu'il n'est pas facile d'expliquer ou de comprendre ce que fait une conceptrice d'éclairage. Certaines personnes pensent encore que je ne fais qu’actionner des interrupteurs muraux ou tourner des roues chromatiques. 

La conception d'éclairage demeure un domaine nouveau dans le contexte historique du théâtre depuis la Grèce antique. Cela prendra peut-être des générations avant qu'une petite fille rêve de devenir conceptrice d'éclairage, mais nous vivons une époque où les choses changent rapidement. L'avenir est imprévisible, et je crois que nous devrions être optimistes à cet égard.

La conception d'éclairage est un pinceau distinct, qui enduit tous les arts de la scène. Elle insuffle vie aux tableaux et lie les différents éléments qui y contribuent, mais contrairement à la peinture, je ne peux pas la compléter seule. Je n'existerais pas sans les techniciens. Je remercie donc tous les éclairagistes qui m'ont accompagnée tout au long du parcours, particulièrement mes adjointes: Julie à Montréal et Karen à New York. Votre patience et votre dévouement ont été inestimables.

Au théâtre, peu importe la discipline dans laquelle on travaille, il est essentiel d'avoir une base technique solide, car c'est la racine à partir de laquelle l'art éclôt. J'ai eu la chance d'établir ces bases au Japon, où les concepteurs d'éclairage sont des soi-disant ingénieurs artistiques. Je suis fière de ce titre, car il reflète l'expertise technique requise pour insuffler vie aux arts de la scène.

Le domaine de la conception d'éclairage scénique est étroitement lié aux avancements dans les technologies informatiques et optiques, et il est impossible de les séparer. Si nous devions comparer la technologie d'éclairage d'il y a cinquante ans à celle d'aujourd' hui, nous aurions l'impression d'assister au deroulement de l'histoire, depuis l'âge de pierre jusqu’aux temps modernes. Et j'ai toujours été au coeur de ce creuset évolutionniste.

Cette évolution a facilité l'expression de choses qui étaient autrefois extrêmement ardues d’accomplir. Bien sûr, les outils de pointe continueront à nous inspirer. Cependant, en tant que créatrice de théâtre, je crois que le principe que nous ne devons jamais oublier est que la puissance de l'imaginaire et la sensibilité du public sont essentiels pour apporter le vécu universelle à l'espace artificiel du théâtre.

Pendant mon séjour à Londres, j'ai rencontré le metteur en scène Robert Lepage, ce qui m'a amenée au Canada. J'étais enthousiaste à l'idée de collaborer avec lui, mais je me suis vite rendue compte à quel point ce serait difficile. Son processus créatif était largement improvisé ; il n'y avait aucun texte, et son espace de répétition était une vieille discothèque au plafond bas et ans éclairage. Ayant été formée dans le monde structuré du théâtre au Japon, c'était un tout nouveau monde pour moi.

Je me suis souvent demandée : « Pourquoi moi ? » C’est dans ce désarroi que le maître concepteur d'éclairage David Hersey m'a offert un conseil: « Sonoyo, les nouvelles étoiles naissent toujours du chaos. »

Puis, après trois ans de lutte, Les Sept Branches de la Rivière Ota, une épopée théâtrale de sept heures, est née. Même 25 ans plus tard, elle continue d'être jouée dans le monde entier. C'est une production monumentale dans l'histoire du théâtre, et je suis fière d'en avoir fait partie. Robert continue d'inspirer de nombreux artistes, ce qui, je pense, est la preuve de son génie. Je lui suis éternellement reconnaissante de l’opportunité qu'il m'a offerte.

Maintenant, des années plus tard et après avoir participé à d'innombrables productions, je tiens à exprimer ma sincère gratitude à la communauté théâtrale canadienne de m'avoir accueillie. En tant que personne dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais, j'ai été profondément émue par votre générosité.

La création théâtrale est toujours le produit d'un effort commun. Une excellente production n'est jamais uniquement le produit d'une excellente conception d'éclairage. Les œuvres qui résonnent vraiment auprès du public sont celles où chacun d'entre nous se consacre de tout cœur à son champ d'expertise, mais sait quand lâcher prise de notre attachement à nos désirs individuels.

En effet, la magie du théâtre naît au moment où les frontières entre le texte, la scénographie, les costumes, la chorégraphie, la mise en scène, le jeu d'acteur, la musique et l'éclairage s’intègrent si harmonieusement qu'il devient impossible de les distinguer. C'est dans ces moments que le public peut ressentir les profondeurs du récit, au-delà de ce qu'il voit de ses yeux.

Aujourd'hui, je sens que cet honneur qui m’est conféré honore tous ceux qui sont impliqués dans les arts de la scène, tous ceux qui ont consacré leur vie à ce métier. À vous tous, mes sincères félicitations.

Je vous remercie de m’avoir écoutée.

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L'œil de l'artiste

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Mayumi Ide-Bergeron

Mayumi Ide-Bergeron

Protégé, 2024

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Mayumi est une artiste multidisciplinaire bilingue basée à Tiohtià :ke, Montréal et une Canado-japonaise de quatrième génération. Elle a étudié à l'École nationale de théâtre du Canada dans le cadre du programme de scénographie.

Friande de défis, ses créations sont ingénieuses et poétiques, tirant leur inspiration du théâtre français et anglais. Elle s'intéresse à toute la diversité de formes du spectacle, y compris le cirque, la danse, le théâtre, le cinéma et la télévision. Ses créations théâtrales incluent des costumes pour Mizushobai (Tableau d'hôte), Et on campera sur la lune (Les Marcels), et 2playtour 2023 (Geordie), ainsi que la conception d'accessoires pour Kukum (TNM), Chimerica (Duceppe), Le Roi Danse (Denise-Pelletier), Château du Ciel (Théâtre Denise-Pelletier) et 2playtour 2023 (Geordie). Mayumi a également contribué à multiples productions. Mayumi se régale dans la découverte de méthodes de narration inventives. Elle articule sa passion pour l'éco-conception et les pratiques artistiques durables à travers son usage fréquent de matériaux naturels, d’objets d'occasion et de plans de recyclage. Mizushobai (Tableau d’hote),  Et on campera sur la lune (Les Marcels), 2playtour 2023 (Geordie). Props design for Kukum (TNM), « Chimerica » (Duceppe), Le Roi Danse (Denise-Pelletier), Château du Ciel (Théâtre Denise-Pelletier) and  2playtour 2023 (Geordie). Mayumi has also assisted on multiple productions. Mayumi delights in finding creative solutions for storytelling. Her passion for eco-design and sustainable arts practices often articulates itself in natural materials, secondhand objects and recycling plans among others.

Dernière mise à jour : novembre 2024.

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