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Perspectives émergentes : Caroline Bélisle

Image : Nom, Titre, Description

Dramaturge et comédienne Caroline Bélisle : Flore, faune et féminité

Caroline Bélisle a été sélectionnée par Mishka Lavigne pour recevoir une subvention pour Artiste émergent.e en 2023 grâce au financement de la Fondation Youssef-Warren.

 

En tant qu'écrivain, quels sont les idées/thèmes qui vous attirent ?

Je retourne constamment à la zoologie ou la botanique dans mes recherches lorsque j’écris. Ma fascination pour la faune et la flore guide mon écriture en inspirant beaucoup des relations entre mes personnages et leur environnement, à la fois de façon concrète et métaphorique. Je ne suis jamais aussi inspirée que lorsque confrontée à l’existence d’un nouveau champignon.

Je m’intéresse aussi beaucoup à la féminité, celle qui est ressentie, celle qui est perçue autant que celle qui est imaginée. Écrire des personnages résolument féminins, mais complexes et foncièrement différents les uns des autres s’est avéré extrêmement libérateur dans mon écriture et c’est devenu comme une quête qui s’impose à chaque nouveau texte amorcé.

Le théâtre de Carole son écriture, est profondément humain, rempli d'humour, de grincements, d'honnêteté, de poésie. Caroline sait créer des moments brutalement conscients et extrêmement touchants pour ses personnages. Son écriture est féministe et engagée.
- Mishka Lavigne

 

Quelle est la réalisation théâtrale dont vous êtes le plus fier ?

Je saute sur l’occasion de changer de style, de creuser d’autres filons, sans toutefois compromettre la sensibilité de mon approche ou ma signature linguistique. Jusqu’à présent, chaque nouveau texte m’a rendue plus fière que le précédent parce que j’ai toujours l’impression d’avoir réussi à trouver mon chemin dans un autre labyrinthe dont le climat n’avait rien à envier au précédent. Si je suis très fière de Les remugles ou La danse nuptiale est une langue morteune comédie intime où j’ai mis beaucoup de vulnérabilité et de lumière dans des personnages si proches de mon quotidien que je les ai eus dans la peau, je suis d’autant plus fébrile à l’idée de voir l’éventuelle production de Les ensevelies,mi-tragédie mi-conte pour enfants qui sert à son public toute la cruauté du monde, enveloppée avec autant de beauté qu’il est supportable.


Quelle est votre prochaine étape ?

J’alterne souvent des projets de jeu avec des projets d’écriture. C’est ce qui me tient en haleine. Caroline la comédienne sortant tout juste de deux mois de tournage sur une série de fiction au Nouveau-Brunswick, Caroline l’autrice consacre désormais son été à l’écriture de sa prochaine pièce.

J’ai l’immense chance d’être autrice en résidence au Théâtre la Seizième à Vancouver et je m’en réjouis. Je leur prépare présentement un spectacle à la fois léger, étrange et inquiétant, brutal au détour d’une réplique, mais résolument doux. Au menu : pulsions de mort, berceuse et lapereaux.

Ensuite, Caroline la comédienne revient en force à l’automne dans un projet théâtral complètement déjanté qui remet en question les mécanismes du pouvoir, le tout co-produit par le Théâtre l’Escaouette de Moncton et Carte Blanche, de Québec.

 

Comment avez-vous rencontré Mishka ? Votre relation a-t-elle changé depuis qu'elle vous a sélectionné pour recevoir la bourse pour artistes émergents ?

La première fois que j’ai entendu un extrait d’une des pièces de Mishka, elle était jouée par des étudiants à l’Université. Je me rappelle d’avoir immédiatement voulu savoir de quelle autrice il s’agissait. Pendant des années, j’ai continué d’entendre parler d’elle, de loin. Nous n’habitons pas la même province, mais sommes reliées à travers ce grand réseau qu’est le théâtre francophone canadien. La distance géographique a repoussé notre rencontre de quelques années. Depuis, chaque passage de l’une ou de l’autre dans nos villes respectives s’est suivi d’un incontournable rendez-vous dans un café du coin pour une conversation toujours riche sur l’écriture de l’autre.

Évidemment, depuis que Mishka m’a fait l’immense cadeau de sa confiance dans le cadre du Prix Siminovitch et de la bourse pour artistes émergents, je lui suis très reconnaissante et je cherche activement des façons d’unir nos visions du monde et nos horaires autour d’un même projet. C’est une artiste que j’admire énormément. Elle est brillante, a un regard très aiguisé et une plume précise. Non seulement est-elle prolifique et ambitieuse, mais elle est constante, méticuleuse. Elle fait le lien entre minutie et démesure. Elle est incontournable dans la dramaturgie francophone canadienne.

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